Grève des infirmiers au Nord-Ubangi : Les soins promotionnels et préventifs abandonnés, les femmes enceintes et nourrissons exposés!

La situation devient de plus en préoccupante. Depuis la grève des infirmiers, les soins promotionnels et préventifs ne se donnent plus dans les 11 zones de santé de la province! Les femmes enceintes et les enfants (nourrissons) sont exposés à des risques d’épidémie.

Il s’observe déjà plusieurs cas de décès de nourrissons dans la ville de Gbadolite et à l’intérieur de la province. Il est certes difficile de lier ces décès à la non vaccination de routine mais néanmoins la vaccination procure une certaine immunité à l’enfant.

Or, tous les enfants nés pendant et après la grève n’ont encore reçu jusqu’à ce jour aucune dose de vaccin. Il est à craindre qu’avec cette situation de non vaccination, l’on puisse assister à la résurgence de certaines épidémies genres poliomyélite, rougeole, fièvre jaune et consort.

La Société civile du Nord-Ubangi parle d’une situation alarmante. Le Président du Cadre de Concertation de la Société Civile du Nord-Ubangi, Tailor Taima Zalo dit regretter la non prise en compte de son plaidoyer au près de grévistes. Plaidoyer qui recommandait aux infirmiers en grève de mettre en place un service minimum pour assurer certains services vitaux dont la vaccination de routine pour l’intérêt des femmes enceintes et des enfants de moins de 5 ans.

Tailor Taima Zalo ajoute par ailleurs que les “doses disponibles de ces vaccins risquent même de dépasser les dates de préemption sans être utilisées“. Ce qui va être un gaspillage pour la République.

Du côté des autorités sanitaires provinciales, le constat reste le même. Le Chef de Division Provinciale de la Santé, Docteur Davos Danvene reconnait la partubation des prestations des soins à travers toute la province du Nord-Ubangi suite à cette grève qui dure encore.

“Même si les soins curatifs bénéficient quelques fois d’un service minimum de la part des grévistes, les soins promotionnels (éducation sanitaire, consultation prénatale, consultation préscolaire…) et les soins préventifs (la vaccination) sont totalement délaissés”

Et à celui-ci d’ajouter:

“Cet état de choses fait certainement chuter les indicateurs de ces activités et expose les femmes enceintes et enfants de moins de 5 ans à des risques augmentés liés à la grossesse, et risques d’épidémies”.

Que faire alors? En tout cas, le gouvernement congolais détient seul la solution à cette situation qui expose la vie  des milliers d’enfants et femmes enceintes.

Emmanuel MOMOTOY