Nord-Ubangi : Bavures militaires à Kota – Koli, témoignage émouvant d’une femme violentée

L’auditorat militaire garnison du Nord-Ubangi à Gbadolite a entamé mercredi 22 janvier l’audition des quatre témoins, victimes de barbaries militaires orchestrées la nuit du 04 au 05 décembre 2024 à Kaya et Pilili, deux localités du groupement vote, à plus au moins 5 km de la cité de Kota – koli, dans le territoire de mobayi mbongo.

Votre média a interviewé l’une des victimes, une dame invitée par la justice militaire pour recueillir les témoignages .Âgée de plus au moins 47 ans, cette dame, mère des enfants et a des petits fils raconte ce qui s’était passé avec émotions dont voici l’intégralité.

Questions :

✓Ange : Bonjour maman !

R /Maman : Bonjour monsieur le journaliste!

R/A. D’où viens-tu et que viens-tu faire tu ici ?

R/M. : J’habite vote à Kota – Koli, je suis ici à Gbadolite pour ce qui nous est arrivé au village.

✓A.: Qu’est-ce qui s’est exactement passé au village ?

R/M.:  » Ah papa ! Un jour, nous avons été surpris d’apprendre l’incendie d’une moto et un fût d’essence. Arrivé la nuit, la paillotte du chef du groupement Monsieur Rossi a été incendié par des personnes que ne connaissons pas, certains habitants ont commencé à prédire en ces termes « comme la paillotte de Monsieur Rossi est incendiée , nous risquons d’avoir la visite des militaires chez nous. Effectivement, les militaires sont débarqués dans le village, ce qui nous a poussé à fuire dans la forêt. Ainsi, suite aux appels des autorités locales à propos de la campagne de vaccination contre la poliomyélite, nous étions obligés de regagner nos habitations. Deux jours après, il était presque 15 heures, nous avons vu 7 militaires débarqués au village . La nuit, il était 21h , pendant que nous dormions, j’ai attendu des voix à l’extérieur de la maison nous demandant d’ouvrir la porte.D’eux mêmes, ils ont pris des barres des mines et ont commencé à à casser la porte. Je me suis mis debout et soudain ils sont directement entrés dans la maison »

✓A.: C’était qui exactement ?

R/M.: « C’était des militaires. Je suis sortie au salon et je leur ai dit : me voici et Ils m’ont dit « maman » tu es en état d’arrestation. Où est ton mari, ont-ils interrogé. Je leur ai répondu : « mon mari n’est pas là, il est dans la forêt . Ils étaient nombreux sur moi à tel point que je ne pouvais pas bouger. Ils ont commencé à me pousser pour que j’aie dans la chambre et je ne savais pas exactement ce qu’ils attendaient de moi. Arrivée dans la chambre, ils m’ont demandé de montrer là où j’ai gardé l’argent. Je leur ai dit : » je n’ai pas d’argent » . Ils me diront puisqu’il en est le cas, que je me déshabille. « Celà n’étant pas fait, eux mêmes m’ont ôté les habits et je suis restée complètement nue. Ils ont commencé à introduire leurs doigts dans mon vagin. Au même moment, les autres étaient entrain de fouiller les chambres de la maison et evacuaient nos biens tels que panneau solaire, batterie, ecran plat, couteaux à table, deux pièces dames, mes chaussures, l’argent 350.000fc dans mon sac, c’est l’argent de mes petits commerces, dans la cuisine, ils ont pris une chèvre et plus de quinze poules et sont sortis et partis « .

✓A.: Tu étais avec qui au moment où ils commettaient ce forfait?

R/M.: « J’étais avec mes enfants. Ils étaient entrés aussi dans les chambres où dormaient les enfants et les avaient déshabillé, des filles (…) »

✓A. : Qui avait réquisitionné ces militaires pour descendre au village?

R/M.: « C’était le chef qui les avaient fait venir « 

✓A. : Quel est son nom?

R/M : « Rossi « 

✓A : Savez vous pourquoi il les avaient fait venir ?

R/M :  » Il les avaient fait venir pour nous exterminer. C’est grâce à Dieu que nous sommes encore vivants. Il voulait voir le village de Kaya devenir poussière »

✓A : Maman, tu dis que c’est Rossi qui a fait appel à ces militaires? as-tu des preuves ?

R/M : « Oui, c’est parce que ses petits frères faisaient partie des militaires et ils étaient vêtus en tenue militaire, J’ai vu leurs visages l’un après l’autre. « 

✓A. : Connais tu leurs noms ?

R/M. : « Je les connais nommément : Bambe, Giatimbi, Gbialibo et Ngambi. « 

✓A. : Et pour cela, que pensez -vous de Chef Rossi ?

R/M.: « C’est un Chef qui ne mérite pas gérer, il faut se débarrasser de lui, donc… »

✓A.: Que demandez vous aux autorités compétentes pour toutes ces atrocités commises ?

R/M.: « Dans tout ça, nous avons les enfants pour qui nous payons les frais scolaires, maintenant avec tout ce qu’ils ont ramassé chez nous, où allons nous trouver de l’argent pour s’en procurer ? Ce qu’ils ont fait, nous humilie dans le village qu’allons faire ? C’est pour cette raison que nous sommes venus pour que les autorités compétentes nous trouvent solution. Et puisque c’est Rossi qui nous a déshabillé à travers les militaires et a vu notre nudité, nous ne voulons plus de lui à la tête de notre groupement.Puisqu’en restant sur son fauteuil, il continuera à nous violenter ainsi. « 

✓A. : Merci pour votre témoignage maman.

M.: Je vous en prie

Pour mémoire, la nuit du 04 au 05 décembre 2024, le chef du groupement vote Monsieur Rossi koyange qui se disait être en insécurité avait recouru au commandant second de l’unité de bataillon d’intervention FARDC installé à Kota-Koli pour traquer ses détecteurs,
Ce commandant adjoint avait agi en envoyant des militaires à vote et pilili sans se référer à son commandant qui était en mission vers Satema ni à son commandant de bataillon qui est à Gbadolite. Ces éléments avaient commis beaucoup de bavures sur la population civile.

Nos informations précisent que certains de ces militaires sont en détention à l’auditorat militaire garnison du Nord-Ubangi basé à Gbadolite y compris le chef du groupement vote détesté par la population pour les nouveaux abus à la tête du groupement Vote.

Ange Ndanyo