Déploiement de la force régionale de l’EAC à l’Est de la RDC : déjà du plomb dans l’aile de commandement?

Un grain de sable dans la machine des poursuites à entamer contre les groupes armés à l’Est de la République Démocratique du Congo. A peine entré sur scène, le commandant de la force régionale de l’EAC orchestre la survie du groupe rebelle M23 qui, selon Kinshasa, bénéficie du soutien avéré du Rwanda. Le général Kenyan Léonard Muriuki a affirmé qu’il n’y aura pas d’attaques contre les rebelles du Mouvement de 23 mars (M23).

Ce responsable militaire de la fameuse force régionale l’a dit quelques heures seulement après le déploiement annoncé avec pompe des forces spéciales kenyannes à l’Est de la RDC où elles rejoignent les autres forces constituantes de la spirale militaire régionale mise en place par l’organisation des états de l’Afrique de l’Est (EAC) pour ramener la paix dans la région en proie à des troubles depuis près de 30 ans.

« Le contingent de la Force régionale EAC ne va pas, pour le moment, attaquer le M23, il va se constituer en une force tampon entre les FARDC et le M23 pour empêcher des nouvelles violences et donner la chance aux pourparlers de Nairobi ».

Une déclaration surprise qui donne lieu à des analyses sur la vraie mission de cette force sensée travailler avec et pour la République Démocratique du Congo, le dernier né de cette organisation régionale.

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Est-ce une intention manifeste de soumettre la RDC au processus de paix issu du récent conclave des quatre chefs d’Etat, notamment Félix-Antoine Tshisekedi (RDC) , Yoweri Museveni (Ouganda), Paul Kagame (Rwanda) et Uruhu Kenyatta (Kenya) à Nairobi, au mois d’avril dernier en marge de la signature du traité d’adhésion de la RDC à l’EAC?

Kinshasa avait obtenu de ses paires la constitution d’une force régionale pouvant participer à la restauration de la paix dans la partie Est du pays en proie à des violences sanglantes depuis près de trois décennies. Une mission que la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation de la RDC (MONUSCO), fort de ses 20.000 hommes, et les forces de la SADC n’ont pu mener avec succès.

Emmanuel MOMOTOY