Élections des gouverneurs 2022: pour gagner, l’Union Sacrée de Félix Antoine Tshisekedi a du plomb dans l’aile

La cohésion dans l’Union Sacrée et la gestion des Assemblées Provinciales par le régime Tshisekedi bientôt mises à rude épreuve. Après la vague de déstabilisation de la coalition FCC-CACH qui a entraîné des motions et destitutions de plusieurs gouverneurs de province, l’heure est à présent à l’Union Sacrée de Félix-Antoine Tshisekedi de réussir le pari de gagner les élections des gouverneurs. Le nouvel arbitre à la CENI, Denis Kadima a programmé ce roud qui jauge la gouvernance de Félix Tshisekedi le mois d’avril prochain. Les députés provinciaux de 13 provinces à problème passeront au mois d’avril à l’élection des gouverneurs et vice-gouverneurs. Des postes politiques stratégiques si le Président de la République veut bien contrôler l’état et lancer, à la base, le développement des 145 territoires. 

Si le régime passé, a su, à coup des billets verts, faire élire ses candidats, Félix-Antoine Tshisekedi a du pain sur la planche. Ses missi dominici dépêchés sur le terrain se sont heurtés à la fougue des électeurs qui sont des députés provinciaux et rentrent tête courbée.

En effet, une délégation de l’Union Sacrée conduite par le sénateur Valentin Gerengo du MLC a pris langue avec les députés de l’Union Sacrée dans le Kongo Central et le Kasaï Central. Il ressort de ces entretiens que les émissaires de l’Union Sacrée ont été déboutés si pas humiliés par les députés provinciaux de ces deux provinces. Les jeux politiques sont mal partis pour la plate forme politique de Félix-Antoine Tshisekedi.

Des députés provinciaux délaissés par le pouvoir central

Plus de 13 mois d’impaiement d’émoluments, y’a pas mieux comme preuve de la négligence de Kinshasa sur les députés provinciaux. Comment développer nos territoires à la base si ceux qui doivent exercer le contrôle des exécutifs provinciaux sont délaissés par Kinshasa ?

L’échec du Kongo Central

C’est dans un atmosphère très tendu et sous un regard vindicatif des députés provinciaux à l’hôtel Ledya de Matadi que dix des députés provinciaux qui composent les partis de l’Union Sacrée ont eu une réunion avec les émissaires de Kinshasa. L’Assemblée Nationale et les Sénat avait délégués des émissaires pour faire le sondage.

À la question de savoir qui faisait l’unanimité dans cette province parmi les candidats en lisse, les députés provinciaux NeKongo ne sont pas allés par le dos de la cuillère pour répondre à ces envoyés de Kinshasa :

C’est bien de nous demander le nom de celui qui fait l’unanimité alors que vous êtes incapables de nous payer nos arriérés. Et puis , nous ne pouvons pas vous donner avec aisance le nom de cet oiseau rare. Le rendez-vous est pris seulement le 06 avril , la date prévue pour le scrutin“, a déclaré l’honorable Papy Mambo. Une réaction à chaud qui a reçu l’approbation de tous les dix députés provinciaux présents à cette séance.

La crucifixion du Kasaï Central

C’est au Kasaï Central, dans la ville de Kananga que le Président de la république, avec une forte délégation venue de Kinshasa avait visité en décembre dernier que l’échec des émissaires de l’Union Sacrée a été la plus cuisante : une crucifixion de Kinshasa.

À la question de savoir que faire pour que le ticket de l’Union Sacrée gagne aux élections de gouverneurs, les députés provinciaux présents à cette rencontre ont crucifié l’Union Sacrée de Félix-Antoine Tshisekedi et son régime.

Pour les élus de cette province du Grand Kasaï, l’Union Sacrée est une affaire de Kinshasa et ils ne sont en rien concernés par ses tractations :

” .. Nous vous disons que nous ne sommes pas concernés par votre mission. Nous avons répondu à votre invitation par courtoisie… Nous, députés provinciaux du Kasaï Central, sommes pas concernés par l’Union Sacrée pour la Nation. C’est une initiative des députés nationaux, des sénateurs et des responsables des partis politiques vivants à Kinshasa. L’USN n’a jamais été expliquée ni implantée à Kananga.”

Cette mission de l’Union Sacrée que conduisait l’ancien gouverneur Trésor Kapuku s’est entretenu avec 13 députés dont les partis sont membres de l’Union Sacrée, plate forme politique qui soutient “la vision du Chef de l’État“!

Comme dans toutes les provinces du pays, les députés provinciaux accusent plus ou moins 13 mois d’arriérés d’émoluments et l’humiliation subi par un groupe de leur qui revendiquaient la semaine dernière devant l’immeuble du Gouvernement Central à la place Royal du Boulevard du 30 Juin à Kinshasa, n’a pas aidé les émissaires de l’Union Sacrée.

(…) Vous êtes payés, vous les députés nationaux et les sénateurs, vous avez reçu des jeeps. Nous, nous ne sommes pas payés et broyons du noir…” ont déclaré les députés provinciaux, avant de poursuivre :

“.. Le président de la République était ici à Kananga et il ne nous a pas reçu. Nous ne comptons pas pour lui. Pour les élections des gouverneurs, nous allons nous assumer”

Voilà qui est mal parti pour le régime en place qui risque de perdre la gestion des provinces. Mais au profit de qui? Le rendez-vous est pris pour le 06 avril prochain.

Emmanuel MOMOTOY