Le 22 octobre 1962, quelques heures seulement avant que le président John F. Kennedy, âgé de 45 ans, ne s’adresse, dans un discours télévisé le plus important de sa présidence, à la nation et devant un pays qui ignorait encore à quel point le monde était au bord du précipice, il passa un coup de fil personnel de la Maison-Blanche à une ferme de Gettysburg, en Pennsylvanie.
Il y avait un homme vivant dont le Président John F. Kennedy avait besoin des conseils avant de se présenter devant les caméras et le pays : Dwight D. Eisenhower, 72 ans, retraité, s’occupant de son bétail et de son golf sur les terres paisibles de Pennsylvanie qu’il avait choisies pour ses derniers instants.
Ce qui rend cet appel si profondément humain et si précieux sur le plan historique, c’est tout ce qu’il représentait : Kennedy et Eisenhower avaient entamé leur relation avec un scepticisme mutuel et discret, par la gestion d’une transition présidentielle complexe et parfois tendue deux ans auparavant. Ils s’étaient rencontrés en privé à Camp David pour évoquer une période difficile du début de la présidence de Kennedy, et pourtant, voilà le jeune président, dans toute sa splendeur, à l’écoute de ses préoccupations.
Dans un moment de forte tension de la Guerre froide, Kennedy, par-delà les clivages politiques et générationnels, consulta celui qu’il avait autrefois critiqué. Car Kennedy avait compris quelque chose qui transcendait la politique : la sagesse acquise au fil des années à gérer les responsabilités les plus complexes du monde n’était pas un atout partisan, mais un atout national.
Eisenhower décrocha son téléphone et offrit à Kennedy exactement ce qu’il attendait : des conseils avisés et expérimentés d’un homme qui avait passé toute sa carrière à gérer des pressions qui auraient brisé d’autres.
Par la suite, Kennedy tint Eisenhower informé de chaque étape de la crise, l’appelant à nouveau le 28 octobre, au moment où les Soviétiques acceptèrent de se retirer. Car la relation que ces deux hommes avaient discrètement construite – passant de rivaux à un respect mutuel – était devenue l’un des partenariats les plus précieux et les moins médiatisés de toute l’histoire de la présidence américaine..
Dr ZIGABE BIGIRINAMA Henri ISAAC, Penseur Libre,Analyste Politique,Médecin Traitant et MasterCoach

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