Nord-Ubangi : Les députés et sénateurs livrent le gouverneur démissionnaire à l’IGF !

La lettre des élus nationaux de la province du Nord-Ubangi adressée à l’Inspecteur Générale des Finances (IGF) aura coupé sans doute des ailes au gouverneur démissionnaire Izato Nzege. Un présumé détournement de fonds alloués à la province pèse sur lui.

En effet, dans leur lettre de demande d’audit financier de la province du Nord-Ubangi datée du 15 décembre dernier, les députés et sénateurs réunis se confie à la patrouille financière de l’IGF pour éclairer l’opinion sur les « fonds décaissés qui sont systématiquement détournés » et ne servent qu’à « remplir les poches des gens » par le fait qu’aucune activité n’a  été « réalisée sur terrain et ce, en dépit de tous les fonds alloués à la province » !

Les élus nationaux du Nord-Ubangi s’appuient notamment sur le projet de loi portant reddition des comptes de la loi de finances n°19/005/ du 31 décembre 2019 pour l’exercice 2020 dans sa rubrique dépenses des services provinciaux pour dénoncer ce qu’ils qualifient de détournement systématique de fonds alloués à la province avec un dépassement budgétaire de l’ordre de 885.498.915,00 FC sur les 156.470.913.732,82 FC payés aux services provinciaux du Nord-Ubangi.

Les députés nationaux et sénateurs attendent de l’IGF non seulement le rétablissement de « la confiance rompue entre les élus et leurs bases, lesquelles ne croient plus en leurs représentants au niveau national », mais aussi l’occasion d’ « aider la République à mettre hors d’état de nuire toutes les personnes qui se complaisent à engloutir ou détourner l’argent du trésor pour leurs intérêts personnels ».

Et dans la contre-offensive, le ministre provincial des finances sort au lendemain une note technique pour, lit-on, recadrer les révélations alléchantes des élus nationaux.  Voulant mettre le charrue avant les bœufs, le ministre provincial des finances qualifie des « chiffres fantômes » le montant avancé et expose plus une plaidoirie qu’une note technique pour ne relayer que les arguments de la lettre de démission de son chef : « 28 mois d’arriérés de rétrocession et 12 mois des frais de fonctionnement avec 4.160.225.038,084 FC » seulement reçus du gouvernement central pour l’exercice 2020.

Qui dit mieux ? En tout cas, les inspecteurs de l’IGF demeurent très attendus et le rendez-vous est donc pris sur la ligne d’arrivée entre le gouverneur démissionnaire et le caucus des députés et sénateurs sur la gestion de tous les fonds alloués à la province par le gouvernement central.

Emmanuel MOMOTOY