Jacques Kyabula, le gouverneur du Haut-Katanga, face aux interrogations à Kinshasa

Convoqué à Kinshasa, disparu et réapparu à Lubumbashi, Le gouverneur du Haut-Katanga, Jacques Kyabula, a atterri à Kinshasa ce lundi 28 juillet 2025. après plus de deux semaines de silence et d’absence remarquée. Cette arrivée intervient alors qu’il était convoqué depuis le 10 juillet par le Vice-premier Ministre en charge de l’Intérieur, après un discours controversé tenu à Lubumbashi sur Corneille Nangaa et Joseph Kabila, tous rebelles. 

Un discours qui a fait polémique et a suscité des remous sécuritaires et politiques dans cette partie du pays très convoitée par la rébellion.

Le 1ᵉʳ juillet, le gouverneur du Haut Katanga, Jacques Kyabula, avait pris la parole lors d’une marche de soutien à l’accord de paix entre la RDC et le Rwanda. Mais soutenant la thèse selon laquelle le cas Corneille Nangaa et Joseph Kabila devrait être traité en famille étant donné qu’ils congolais. Ses propos ont rapidement provoqué des remous, tant dans l’opinion publique que dans les sphères politiques.

En réponse, le ministère de l’intérieur, décentralisation et affaires coutumières l’a convoqué à Kinshasa. Il n’y a pas donné suite immédiatement, préférant s’eclipser avant de réapparaître à Lubumbashi évoquant des raisons de santé.

Cependant cette absence non signalée et prolongée engendre des spéculations. Car gouverneur du Haut Katanga est resté invisible pendant plus de dix jours, alimentant toutes sortes de rumeurs.

Ce n’est que le jeudi 24 juillet dernier qu’il est brièvement apparu devant sa résidence, sans un mot pour la presse. En son absence, la gestion de la province est assurée par le vice-gouverneur Martin Kazembe, désigné par une note officielle du vice-Premier ministre de l’Intérieur.

Avec son retour dans la capitale congolaise, plusieurs questions surgissent : Jacques Kyabula sera-t-il enfin entendu conformément au télégramme qu’il a ignoré? Est-il menacé de suspension ? Pourra-t-il reprendre son poste à Lubumbashi ? L’avenir politique du gouverneur de Haut Katanga est plus sombre dans ce climat politique tendu au pays.

Emmanuel MOMOTOY