Sit-in de l’opposition à Kinshasa : la police nationale a bouclé tout accès au siège de la CENI

Après sa marche réprimée du 20 mai dernier, l’opposition congolaise n’a pas pu tenir son sit-in prévu ce jeudi 25 mai devant le siège de la commission électorale nationale indépendante. La police nationale a barricadé le boulevard du 30 juin menant au siège de la CENI dans la commune de la Gombe.

Empêchés par un dispositif des agents de l’ordre, les manifestants ont tenté de résister en faisant usage aux projectiles mais sans succès. La police nationale qui a reçu l’ordre hiérarchique ne pouvait pas se laisser faire.

Une discussion tendue s’est observée entre Fayulu, Matata, Katumbi, Sessanga et la police nationale, mais rien n’a changé d’un iota de la position de celle-ci.

Mais que protestent les leaders de l’opposition ?

 » Nous sommes venus manifester contre un processus électoral chaotique », a déclaré Matata Ponyo.

Puis  » nous cherchons des élections vraies », a renchérit pour sa part Moïse Katumbi.

 » Nous n’acceptons pas une nouvelle fraude électorale », lance Martin Fayulu.

 » On a une CENI que tout le monde sait totalement corrompue qui nous a pondus un fichier dans les conditions les plus opaques depuis que nous faisons les élections dans ce pays et qui, lui-même a audité son propre fichier électoral (…) Il faut que la CENI arrête et qu’elle comprenne que ce n’est pas de cette manière qu’ils vont pouvoir s’imposer à nous tous », a fustigé Delly Sessanga.

Il est à noter que l’hôtel de ville avait interdit ce sit-in du fait que, à en croire le vice-gouverneur, le lieu choisi s’inscrit parmi les zones neutres. Gérard Mulumba avait par ailleurs demandé à l’opposition de se constituer une délégation d’au moins dix personnes pour exposer à la CENI leurs desideratas et observations par rapport au processus électoral. Une proposition qui n’a pas trouvé écho favorable chez les opposants.

Didier Mondo