Des mois de lobbying et de travail acharné sur les véritables réformes électorales se sont soldés par un échec cuisant. Tous les hommes et les femmes qui fondaient leurs espoirs sur une CENI apolitique, impartiale et neutre en sont revenus et sont tombés de haut, car la mainmise de la majorité politique a été plutôt renforcée pour contrôler les prochaines électorales en République Démocratique du Congo.
La nouvelle de sa promulgation n’est filtrée 4 jours après sur la bande passante de la Radio Télévision Nationale Congolaise ce mercredi 07 juillet 202 indiquant la date du 03 juillet qui consacre la loi modifiant et complétant la loi organique portant organisation et fonctionnement de la CENI. Une promulgation qui consacre le contrôle de la CENI par la majorité au pouvoir. Ce qui risque de discréditer le processus électoral à venir, car la nouvelle majorité au parlement n’a fait que mettre au frigo les réformes phares de la neutralité pour politiser d’avantage la Commission Electorale Nationale Indépendante en lui apportant des amendements mineurs. Constat de l’opposition congolaise.
L’opposition qualifie de passage en force la promulgation de la loi n°. D’après l nouvelle, la composition de la CENI est passée désormais à 15 membres dont 6 pour la majorité, 4 pour l’opposition et 5 pour la Société civile. En ce qui concerne le bureau, 1 seul poste du président est accordé à la Société civile composante confessions religieuses contre 6 postes que partagent les politiques, en raison de 4 postes pour la majorité au pouvoir et 2 pour l’opposition. Si l’Ecidé de Martin Fayulu Madidi, la qualifie de « juste petite réformette qui confirme le pilotage de la CENI par la majorité au pouvoir », le député Delly Sessanga, l’un des fervents de la réforme électorale approfondie au sein de G13, l’option de la politisation adoptée dans cette loi réduit l’ampleur de la réforme électorale tant souhaitée par tous pour des élections non seulement démocratiques, amis aussi crédibles et apaisées.
Même son de cloche du côté de la Société Civile qui s’estime humiliée après au tant de sacrifices consentis. Le Cadre de Concertation National de la Société Civile qualifie la nouvelle organique de « caricature de la CENI sous Joseph Kabila ».
Pendant ce temps, le professeur André Mbata, Président de la Commission Politico-administrative et Juridique de l’Assemblée nationale a estimé, pour sa part, les reformes opérées suffisent pour obtenir un processus électoral consensuel. Et que la CENI, au regard de son rôle, ne saurait être dépolitisée.
Pourtant, le Président de la République avait pris l’engagement de veiller à ce que les élections de 2023 soient crédibles et transparentes à l’issue des concertations ayant abouti à la création de l’Union Sacrée consacrant le divorce fracassant entre le CACH et le FCC.
Va-t-on vers un autre chaos électoral en 2023 ? La question reste entièrement posée.
Rédaction
