À cause de ces richesses en ressources naturelles, l’est de la RD Congo demeure la convoitise du Président rwandais et ses partenaires de la déstabilisation de la République démocratique du Congo. Ces derniers n’envisegeraient autre chose que l’optique expansionniste de l’État rwandais vers la partie orientale de la République démocratique du Congo.
C’est ce que révèle un rapport confidentiel des Nations Unies descrivant la poursuite d’une stratégie d’annexion déguisée de l’est de la République démocratique du Congo par le Rwanda, en toute violation flagrante de l’accord de paix signé entre les deux pays le 27 juin dernier à Washington sous la médiation américaine.
À en croire ce rapport des experts de l’ONU, Paul Kagame exercerait un contrôle direct sur les opérations de l’AFC/M23, une coalition du groupe rebelle soutenue par Kigali, selon Kinshasa, et active dans l’est de la République démocratique du Congo. Ce soutien inclut l’envoi de troupes, de matériel militaire sophistiqué et des ordres stratégiques visant à consolider les « gains territoriaux ».
Contrairement aux déclarations officielles de Kigali, le rapport onusien avance le chiffre d’environ 6 000 soldats rwandais qui seraient actuellement présents dans la région conquise par les rebelles du M23.
Le rapport met également en lumière la mise en place d’une administration parallèle dans plusieurs villes conquises, notamment Goma et Bukavu. Des fonctions clés telles que gouverneur, maire, chef de police ou encore responsable de l’exploitation minière ont été confiées à des cadres affiliés à l’AFC/M23.
Cette emprise politique s’accompagne d’un contrôle économique des ressources naturelles. La coalition rebelle AFC/M23 qui reçoit le soutien logistique du Rwanda, exploite désormais plusieurs sites miniers majeurs autour de Rubaya, la cité congolaise riches en coltan et en étain.
« Les autorités rwandaises cherchent à transformer ces territoires conquis en zone tampon, à long terme, sous leur contrôle indirect », affirme le rapport.
Les experts onusiens dénoncent en outre des transferts forcés de civils vers le Rwanda, notamment depuis des camps de déplacés près de Goma. Des actes qualifiés de crimes de guerre par l’ONG Human Rights Watch.
En réaction, Kigali reproche à l’ONU de « déformer ses préoccupations sécuritaires » dans cette partie de la République démocratique du Congo.
Il faut dire que ce rapport accable Kigali et donne du crédit à Kinshasa, qui a toujours accusé le Rwanda de duplicité dans la crise qui secoue depuis 30 ans cette partie de la RDC.
Ce même rapport provoque également autant de questions sur les consultations, à coup de billets verts selon certains caciques du régime en place, de l’ancien président Joseph Kabila dans les zones conquises par la rébellion de l’Alliance du fleuve Congo et du Mouvement du 23 mars qui répondent aux « ordres de Kigali ».
Emmanuel MOMOTOY
