Le feuilleton de la motion de censure contre le gouvernement provincial du Sud-Kivu s’achève de manière rocambolesque. Le gouverneur a survécu aux vents et marées de la déchéance de l’Assemblée provinciale et du désaveu de son parti politique, AFDC.
C’est grâce à la Cour Constitutionnelle que le gouverneur du Sud-Kivu, Théo Ngwabije Kasi retrouve son fauteuil à la suite de l’arrêt R const 1703 du 08 février 2022. Cet arrêt d’inconstitutionnalité de la motion de censure qui pesait contre son Gouvernement vient de le réhabiliter ipso facto dans ses fonctions.
L’intéressé n’a pas tardé à réagir. A travers son compte Twitter, Theo Ngwabidge, a salué cet arrêt qui, selon lui, vient consolider l’état de droit prôné par le Président de la République Felix-Antoine Tshisekedi.
Le gouverneur réhabilité a en outre appelé les Sud-kivutiens à enterrer la hache de guerre et conjuguer les efforts du développement de leur province.
« Oeuvrons tous dans l’unité, le dialogue et la cohésion pour que règnent la paix et le développement au Sud-Kivu » a-t-il souligné.
Cet arrêt suffira-t-il à rétablir la confiance perdue vis-à-vis de la population et dernièrement de son parti politique, l’AFDC? La décision judiciaire de la cour constitutionnelle a-t-elle vraiment résolu la crise institutionnelle de la province du Sud-Kivu?
Autant de questions qui scrutent le retour au bercail du gouverneur réhabilité contre vents et marées. Plusieurs gouverneurs déchus puis réhabilités par la justice ont du pain sur la planche pour gérer après la tempête. D’autres n’ont jamais regagné leurs provinces pour reprendre leurs fonctions.
Les cas les plus probants sont ceux de gouverneur du Sud-Kivu Célestin Cibalonza Byaterana, Muyej Mangez du Lualaba, Deo Nkusu du Kongo Central pour ne citer que ceux-là.
Théo Ngwabidje fera-t-il exception? L’avenir nous dira plus.
Emmanuel MOMOTOY
