Est de la RDC : l’AFC/ M23 menace de boycotter les pourparlers de paix à Doha

La coalition AFC/M23 fonde leur menace sur le retard de Kinshasa à libérer des prisonniers, pourtant une exigence inscrite dans la déclaration des principes de Doha signée entre les deux parties en conflit. Le processus de paix vacille.

Face à la presse ce vendredi 25 juillet 2025 à Goma, Benjamin Mbonimpa, secrétaire permanent de l’Alliance du Fleuve Congo (AFC/M23) et négociateur en chef, a exprimé une position ferme du mouvement rebelle:

« Après la mise en œuvre de la déclaration des principes, suivra immédiatement les discussions pour signer un accord proprement dit. Qu’est-ce que nous irons faire à Doha si nos prisonniers ne sont pas encore libérés ? »

L’accord prévoyait un cessez-le-feu immédiat. Mais cette trêve n’a été que de courte durée. Les hostilités ont rapidement repris, chaque camp accusant l’autre de violations. Sur le terrain, les affrontements se multiplient entre les rebelles du M23 et les groupes d’autodéfense Wazalendo, soutenus par les forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

L’AFC/M23 charge Kinshasa d’être à l’origine de ces attaques à répétition en violation de cessez-le-feu :

« Nous allons toujours être à la défensive, parce que c’est Kinshasa, à travers même ses forces régulières ou des milices interposées, qui nous attaque. » a signalé Benjamin Mbonimpa.

Les négociations directes sont censées reprendre le 8 août prochain, en prélude à un accord de paix global attendu le 17 août à Doha au Qatar. Les garants du processus et les populations de l’est, espèrent à un tournant décisif de ce rendez-vous diplomatique avec la volonté réelle de mettre fin aux promesses fragiles du retour d’une paix durable dans la région.

Emmanuel MOMOTOY