La diplomatie a fait renaître enfin un espoir de paix pour l’est de la République démocratique du Congo endeuillé depuis la fin des années 1990.
La toile de fond stratégique de ce conflit demeure, en plus des idéaux expansionnistes de « Tutsi Power », la présence de minerais critiques. L’est de la RD Congo regorge une réserve mondiale de ressources minérales potentielles à l’avenir technologique. Le contrôle et l’exploitation de ces matériaux attisent la convoitise de tous: firmes et États.
Après que le président américain, Donald Trump, ait exprimé son intérêt pour l’accès aux minerais critiques Ukrainiens, Kinshasa saute sur l’occasion et propose le deal à Washington.
L’approche américaine se penche d’entrée de jeux sur la question de la coopération économique entre le Rwanda et la RD Congo en mettant fin au conflit qui favoriserait la contrebande du secteur minier congolais d dominé à plus ou moins 70℅ par des intérêts du rival chinois.
Washington qui ne pensait pas à la RD Congo, semble désormais s’intéresser aux minerais congolais pour pouvoir bousculer un peu les intérêts de Pékin.
La grande zone minière qui est convoitée actuellement est sous le contrôle de l’AFC/M23 en mars de l’année dernière, c’est la zone de Rubaya, non loin de la frontière rwandaise. C’est une importante zone de production de minerais, à partir desquels on fabrique de l’étain.
La contrebande en production fait dans cette région passe par le Rwanda et y apporte beaucoup d’argent. Kigali ainsi que ses « marionnettes » de l’AFC/M23 et ses partenaires de l’ombre dans cette interminable conflit se retrouvent.
L’idée derrière de Washington est formaliser à travers un accord ce système de prédation minière par le biais d’entreprises américaines.
Concrètement, l’accord prévoit que chacun soit bénéficiaire : Washington formalise la filière minière de l’Est congolais et fait en sorte que l’extraction du minerai au Congo soit légale avec une probabilité de raffinage au Rwanda, avec évidemment les entreprises américaines impliquées.
Ce qui ravive l’inquiétude de Kigali. Pendant ce temps, Kinshasa peut alors jubiler du fait qu’il gagne doublement au pris de sacrifices : la paix, l’intégrité territoriale et les intérêts économiques d’extraction.
Emmanuel MOMOTOY
