Coincé par le Procureur général près la Cour de cassation et livré par l’Assemblée nationale, le ministre de la Justice, Constant Mutamba a annoncé ce mardi 17 juin sa démission du gouvernement. Le dernier verrou vers la route des déboires judiciaires qui l’attendent pour détournements de fonds publics.
Constant Mutamba en a fait part au Chef de l’État congolais Félix Tshisekedi qui a accepté cette décision, qui intervient alors que le jeune Mutamba venait d’engager des profondes réformes judiciaires mettant mal à l’aise certains hauts magistrats du pays.
L’Assemblée nationale congolaise a donné son feu vert pour que des poursuites puissent être engagées contre le ministre de la Justice et garde des Sceaux. Un véritable retournement pour celui qui était à la manœuvre dans l’offensive judiciaire dirigée contre certains leaders de l’AFC/M23, Joseph Kabila et le Procureur général près la Cour de cassation.
Le jeune Ministre de la Justice a été livré dans la soirée du dimanche 15 juin, au cours d’une plénière de l’Assemblee nationale. Lors d’un vote en plénière, 322 sur le total de 363 députés présents se sont prononcés en faveur de la demande du Procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde.
Ce dernier a tout sollicité et obtenu de la chambre basse du Parlement congolais l’engagement de poursuites judiciaires à l’encontre de Constant Mutamba, le ministre de la Justice et Garde des Sceaux.
Nommé ministre de la Justice en mai 2024, Constant Mutamba avait promis de réformer un système judiciaire qu’il qualifiait de « malade », reprenant ainsi les propres termes du Président Félix Tshisekedi face à cette justice. Malgré les efforts déployés et engangés, Constant Mutamba a ouvert plusieurs fronts creusant sa propre chute. Les affaires judiciaires et tensions politiques ont eu raison du très populaire Ministre de la justice congolaise.
Emmanuel MOMOTOY
