RDC : «L’heure est grave, seule une prise de conscience individuelle et collective peut encore nous tirer d’affaire» (Me Patient Bashombe)

C’est à la fois un message de mobilisation et de solidarité des filles et fils du grand Kivu au tour des événements qui se produisent simultanément dans la partie Est du pays.

Un appel lancé ce lundi 08 novembre 2021 par Me Patient Bashombe, Coordonnateur National de la Plate forme de la Societe civile Dynamique Communautaire pour la Cohesion Sociale et le Developpement, DYCOD-RDC, et fils du terroir dont en voici la quintessence :

« Chers Frères et Sœurs,

Le KIVU constitue l’un des plus importants réservoirs minier et greniers agricoles de la République Démocratique du Congo.

Cependant à cause des guerres à répétition depuis 1993 et I’échec de la mise en œuvre de la décentralisation exaspérée par la mauvaise gouvernance au niveau central et local la population continue à croupir dans la misère. Les déplacés internes forcés se comptent par milliers.

L’élite du KIVU qui se range en ordre utile sur I’échiquier national et international ne croit nullement en ses capacités et se laisse clochardisée par les lobbies et donneurs d’ordres tant au niveau national qu’international .

La situation actuelle est caractérisée par les divisions, I’égotisme, la trahison, I’autodestruction entre nous les filles et fils du KIVU, ce qui nous conduit progressivement à I’effacement au niveau national.

La résurgence actuelle de I’activismes des groupes armés, jusqu’à attaquer la ville de Bukavu le 03 novembre 2021 et RUTSHURU BUNAGANA ce 08 novembre 2021, dénote non seulement d’un laxisme dans la gestion de problèmes sécuritaires, mais également de I’ignorance et I’inconscience face au danger qui nous guette.

Nul n’ ignore les velléités annexionnistes ou balkanisation restent à l’ordre du jour dans certains agendas, nonobstant le fait que les tentatives antérieures visant à conclure cette sale besogne ont été déjouées grâce à notre solidarité.

La mauvaise gestion des ressources minières constitue ni plus ni moins un des ingrédients du problème dès lors que les motivations de toutes ces guerres demeurent I’exploitation illicite des ressources minières très stratégiques que regorge le KIVU.

Le Gouvernement central, à travers le Code Minier et le règlement minier, dispose de tous les atouts pour contrôler ce secteur combien stratégique de la vie nationale, malheureusement la tendance est le laisser aller à travers l’impunité. Ces richesses minières auxquelles devrait s’associer une agriculture moderne constituent des ressources qui devraient impulser le développement tant au niveau local, national que régional.

Pour notre part, le KIVU souffre d’un manque de leadership capable de se mettre devant et donner une orientation sur le rôle du KIVU dans les enjeux régionaux et nationaux avec des objectifs clairement définis.

La plupart de fois, le comportement des leaders du KIVU fait penser aux crabes dans un panier duquel celui qui ose émerger est vite tiré vers le bas par les siens. II ne devrait pas en être ainsi car la sagesse nous enseigne que pour allumer un grand feu, il importe que chacun y apporte son morceau de bois.

En tout état de cause, nous n’avons jamais choisi être filles ou fils du KIVU mais la nature nous y a contraints.

C’est pourquoi, le KIVU étant notre terroir commun, nous espérons que notre ressentiment est partagé par tous. Au lieu de verser dans les jérémiades pour pleurer indéfiniment, il n’est pas tard pour se ressaisir, se lever et agir pour rassembler nos énergies en vue de plus de solidarité en faveur d’une grande cohésion sociale».

Me Patient Bashombe avec liberatenews.info